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Lettre d’investissement

Une rentrée incertaine ?

Si l’été semble avoir été clément sur les marchés financiers, une analyse plus fine aboutit à des conclusions quelque peu différentes. Certes, les marchés d’actions américains et européens ont continué de progresser, mais certaines divergences se sont matérialisées sur d’autres marchés. D’abord, les taux d’intérêt à long terme ont baissé sensiblement, à l’image du taux 10 ans américain qui est passé de 1,80% début avril à 1,30% début septembre. Ensuite, les valeurs de croissance et de qualité ont surperformé les valeurs dites cycliques ou décotées de l’ordre de 10% en 3 mois. Enfin, les pays émergents, et la Chine en particulier, ont sous-performé sensiblement. A fin août, les marchés émergents affichaient une performance, en euros, de 6% contre plus de 20% pour les marchés occidentaux.

Le principal facteur explicatif de ces divergences tient dans le ralentissement de l’économie mondiale. Après une très forte accélération de l’activité dans le sillage des campagnes de vaccination et des levées des mesures de restriction, un ralentissement prend progressivement forme dans les différentes régions du monde. Dans les pays émergents, et en particulier en Chine, celui-ci est à l’œuvre depuis le début de cette année : le durcissement de la politique monétaire, une nouvelle détérioration de la situation sanitaire et les mesures de re-régulation du secteur technologique en sont les principaux contributeurs. Aux Etats-Unis, les pressions inflationnistes pèsent temporairement sur le pouvoir d’achat des ménages américains, ralentissant la consommation. Enfin, l’Europe se distingue, l’activité ayant continué d’accélérer cet été.

Trois questions se posent désormais : quelle va être l’ampleur du ralentissement de l’économie mondiale au cours des prochains trimestres ? Les pressions inflationnistes vont-elles rester fortes ? Enfin, quelles politiques les Banques centrales vont-elles adopter au cours de ces prochains mois ?

Le scenario d’une croissance soutenue pour l’année 2022 reste notre scenario central. D’abord, les taux de vaccination devraient nettement augmenter dans les pays émergents au cours de ces prochains mois, permettant un « retour à la normale » au premier semestre 2022. Ensuite, les politiques économiques resteront accommodantes : sur le plan budgétaire, le plan européen de 750 milliards d’euros devrait se déployer jusqu’en 2023 ; sur le plan monétaire, si les Banques centrales vont ralentir les injections de liquidités, les anticipations de remontée des taux directeurs sont pour 2023 aux Etats-Unis et bien au-delà pour la Zone euro. Enfin, les politiques économiques extraordinaires ont permis de soutenir les marchés de l’emploi. Par exemple, le taux de chômage européen s’élève aujourd’hui à 7,6% contre 7,3% avant la crise sanitaire. A titre de comparaison, il avait atteint 12% en 2013, consécutivement aux crises financières de 2008 et des dettes souveraines de 2011-2012, et retrouvé les niveaux d’avant crise - de l’ordre de 7% - en… 2019 !

Le scenario d’inflation est plus difficile à déterminer. Il est indéniable qu’une partie des pressions inflationnistes constatées aux Etats-Unis et en Europe résulte de facteurs transitoires : la demande a été historiquement forte, dopée par les stimuli budgétaires, et les prix des matières premières ont bondi de 100% en 12 mois ! Ces effets devraient progressivement s’estomper et nourrir un reflux de l’inflation tout au long de l’année 2022. Pour autant, certains aspects pourraient s’avérer moins transitoires : les difficultés du côté de l’offre du fait de chaînes de production mondiales sous pression et d’offres d’emploi non pourvues, sont susceptibles d’alimenter une inflation plus persistante qu’anticipée par le consensus.

Enfin, les Banques centrales vont s’engager dans le ralentissement de leurs programmes d’achat d’actifs au cours des prochains mois. Elles resteront néanmoins accommodantes, ayant récemment modifié légèrement leurs objectifs de politique monétaire, en affirmant vouloir désormais considérer un niveau d’inflation moyen. Cette subtilité signifie que les Banques centrales américaine et européenne s’accommoderont d’une inflation temporairement au-delà de leur objectif afin de soutenir le retour à la normale sur les marchés de l’emploi.

Dans ce contexte, au-delà des prochaines semaines qui pourraient être marquées par des mouvements de volatilité liées aux incertitudes envisagées ci-dessus, les fondamentaux économiques et financiers restent dans l’ensemble bien orientés pour les prochains trimestres. En conséquence, nous surpondérons toujours les actions dans nos allocations d’actifs au détriment des classes d’actifs monétaire et obligataire.

 

Conseil Expert

Les politiques monétaires des banques centrales déployées au cours de la dernière décennie ont contribué à modifier sensiblement l’environnement financier. La principale conséquence est une diminution des espérances de rendement de l’ensemble des classes d’actifs, en particulier des plus défensives.

La lutte contre le changement climatique : un enjeux pour les entreprises

Dans son  sixième rapport sur le climat publié le 9 août dernier, le Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC) fait état de prévisions climatiques très pessimistes, à seulement quelques semaines de la conférence climat « COP26 ».

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