[Conseil en investissement] L’épidémie de coronavirus : un accélérateur de tendances ?

19-07-2020
Les investisseurs devraient pouvoir bénéficier des tendances structurelles qui transforment les entreprises, et dont l’adoption semble accélérée par la pandémie de Covid-19.
 
Les opportunités d’investissement résident en particulier dans les secteurs du commerce en ligne, du paiement digital, du divertissement à domicile ainsi que dans l’ensemble des technologies permettant la généralisation du travail à domicile, comme le « cloud computing » et la « cybersécurité ». La santé est également concernée : en devenant accessible à distance, elle s’adapte aux besoins croissants de la population, vieillissante. La volonté des entreprises de rapprocher les chaines d’approvisionnement de leurs clients profiterait ainsi aux fournisseurs de solutions d’automatisation industrielle. Les services publics enfin, concentrent leurs efforts sur la production d’énergies renouvelables et le stockage de celles-ci, par le biais de subventions et ce, en dépit de la chute du prix du pétrole provoquée par le ralentissement de l’économie. La recherche thématique publiée ces dernières années, identifiait des tendances de long-terme telles que la numérisation, le développement durable, le comportement des consommateurs ou encore le vieillissement de la population, bénéficiant à certaines entreprises ainsi qu’à leurs investisseurs. Le traumatisme psychologique et financier subit par les consommateurs durant la crise de Covid-19 continue de peser sur la demande à court terme, sans toutefois remettre en cause ces tendances de long-terme. Il semblerait au contraire que certaines d’entre elles s’accélèrent, créant ainsi des opportunités d’investissement.

Entreprises et salariés plébiscitent le travail à distance

Les mesures de confinement des économies ont contraint les salariés au travail à domicile, partout à travers le monde. En dépit d’un retour progressif à une vie normale, il semblerait qu’un mode de travail exclusivement au bureau ne soit plus la norme, les entreprises comme les salariés ayant découvert les bienfaits du travail à distance. La généralisation du télétravail permet en effet à l’entreprise d’envisager une réduction de ses charges (en premier lieu ses dépenses de loyers, d’énergie et de maintenance) et au salarié une diminution du temps et des dépenses de transport tout en favorisant un meilleur équilibre entre vie privée et vie professionnelle. La diminution des interactions en entreprise engendre néanmoins certains coûts, moins visibles, induits par la diminution du temps consacré au travail en équipe et à la formation. Pour autant de nombreuses entreprises se disent prêtes à explorer les possibilités du travail à domicile, a minima à temps partiel (voir les graphiques 1 et 2). On constate cependant que la propension à travailler à distance varie en fonction du secteur d’activité, de la tranche d’âge et du pays. On note également une préférence pour l’adoption du télétravail partiel plutôt qu’à temps complet. La généralisation du travail à distance engendre une augmentation des investissements de « digitalisation » de la part des entreprises, notamment en faveur de solutions de services informatiques via Internet ou « cloud computing ». Selon le cabinet d’études Gartner, les dépenses informatiques consacrées aux services de « cloud computing » devraient augmenter de 19 % cette année, malgré la récession économique.
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Accroître les efforts en matière de numérique

Bien que les entreprises considèrent la « digitalisation » comme un investissement essentiel, les priorités pourraient changer une fois la crise sanitaire derrière nous. Avec l’arrivée du coronavirus, les chaînes d’approvisionnement sont apparues très fragiles. Selon une enquête de l’Institute for Supply Management (« ISM »), environ 75% des entreprises ont connu pendant la crise, des perturbations provoquées par la fermeture de capacités de production et les tensions commerciales entre la Chine et les États-Unis. Il est dès lors possible qu’il en résulte une volonté d’une production plus locale. Dans une perspective de maîtrise des coûts de main d’œuvre et de flexibilité, les entreprises devront avoir recourt à l’automatisation, nécessitant une plus grande utilisation de la donnée et sans doute l’aide de l’intelligence artificielle.

L’adoption des services en ligne s’accélère

La pandémie de coronavirus a accéléré l’adoption des services en ligne touchant particulièrement le commerce de détail et les médias. Les consommateurs, toutes tranches d’âges confondues, ont vu leurs achats en ligne augmenter, et les entreprises s’adaptent en mettant en place des services de livraison à domicile. Les grands acteurs du commerce en ligne tels qu’Amazon et Alibaba, sont les gagnants incontestables de la généralisation de ce mode de consommation. Parallèlement, les solutions de paiements numériques se développent, au profit des grands acteurs du secteur que sont Visa, Mastercard, Adyen et PayPal, mais également de Tencent et Alibaba, qui dominent le secteur en Chine. S’agissant des loisirs, les activités hors du domicile étant limitées par la crise sanitaire, on assiste à un regain de popularité des divertissements en ligne, tels que Netflix et les jeux vidéo d’Electronic Arts.

L’achat de produits alimentaires en ligne, une tendance de long terme

L’épicerie en ligne, un secteur autrefois de niche, a pris de l’ampleur avec la crise sanitaire. La volonté des consommateurs d’éviter les lieux publics et celle des gouvernements de maintenir une partie de la population à domicile, combinée à une demande structurelle de biens de première nécessité, ont rendu indispensable le recours aux achats en ligne et aux services de livraison à domicile associés. Même les populations hésitantes et peu averties en matière de technologie se sont converties. Ces dernières ont ainsi pu apprécier les avantages qu’offrent ces services, à savoir ; la livraison à domicile, la possibilité de commander 24 heures sur 24, 7 jours sur 7 et la possibilité de comparer facilement les prix. En 2019, les achats en ligne de produits alimentaires essentiels représentaient environ 5 % du total des achats alimentaires aux États-Unis et en Europe. En mai, le cabinet d’études 1010data a mesuré une augmentation de 250 % par rapport à l’année précédente, au profit notamment de Walmart, Amazon et Ahold Delhaize. Bien que certains clients se tournent à nouveau vers les achats en magasin, l’achat en ligne de produits alimentaires de base est probablement en voie de s’établir de manière durable. La dernière enquête de la société d’études de consommation Fabric suggère que plus de la moitié des dépenses d’épicerie en ligne effectuées pendant la période de confinement est amenée à perdurer.

Les services de santé se modernisent

La pression exercée par la pandémie de coronavirus sur les systèmes de santé contribue à accélérer leur modernisation. La crise sanitaire a ainsi révélé la nécessité de généraliser les consultations et le suivi à distance des patients, l’achat en ligne et la livraison à domicile de médicaments ainsi que l’accessibilité des tests de diagnostic. Selon le cabinet de conseil McKinsey, le nombre de « téléconsultations » médicales a fortement augmenté. En 2019, 11 % des américains utilisaient des services de consultation à distance pour atteindre 46 % aujourd’hui. La société CVS, un des principaux fournisseurs de services de santé et d’assurance aux Etats Unis, a vu le nombre de consultations médicales en ligne multipliées par 6, tandis que les demandes de prescriptions médicales ont été multipliées par 10 sur le seul premier trimestre de cette année. Ces solutions existaient avant la crise sanitaire et permettaient déjà d’améliorer l’efficacité et la qualité des soins. Ils font désormais l’objet d’une demande soutenue. Le recourt généralisé aux consultations à distance a permis de révéler le gain de temps réalisé, tant pour l’obtention d’un diagnostic que pour l’orientation vers un spécialiste, le parcours traditionnel de prise de rendez-vous prenant plusieurs jours. A titre d’exemple, le principal fournisseur de service de téléconsultation dispose d’une infrastructure permettant l’accès à 50 000 prestataires de santé et permet de répondre aux demandes des patients dans un délai de 10 minutes ! Une enquête récente menée auprès de plus de 2 000 personnes au Royaume-Uni, a montré que 63 % des personnes interrogées sont prêtes à utiliser les services de consultation en ligne à l’avenir. Le système de surveillance médicale à distance permet également au médecin de suivre en temps réel l’état de santé de ses patients, ce qui améliore non seulement la qualité des soins, mais également le suivi des patients dans les zones reculées. Enfin, cela permet une diminution des coûts pour les praticiens et donc les coûts pour les patients. Des outils supplémentaires seront néanmoins nécessaires pour maintenir les soins de santé à un niveau abordable, car il est attendu que la demande à long terme reste soutenue principalement du fait du vieillissement de la population. Heureusement, le secteur bénéficie du soutien des pouvoirs publics. Le cabinet McKinsey estime qu’environ 20 % des soins de santé actuellement prodigués aux États-Unis, pourraient faire l’objet de soins à distance, contre environ 1 % actuellement. Cela crée un environnement porteur pour les sociétés pharmaceutiques, les compagnies d’assurance maladie, les fournisseurs de solutions spécialisées en « télésanté » et les fournisseurs de solutions technologiques associées. L’impulsion donnée par l’épidémie de coronavirus au secteur de la santé (voir figure 3) a révélé l’acceptation et la confiance de la population dans ce type de services, faisant anticiper une généralisation de leur utilisation même après la crise.
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Les énergies renouvelables et le stockage de l’énergie font l’objet d’une forte demande

Malgré la crise sanitaire et la forte baisse du prix du pétrole, la demande de production d’énergies solaire et éolienne reste solide. Les périodes de confinement semblent n’avoir retardé que de deux à six mois les projets liés à leur production. Il s’avère que les énergies renouvelables deviennent relativement intéressantes du fait notamment des innovations dans le domaine du stockage de l’énergie. De nouvelles mesures de relance budgétaire sont de plus déployées pour stimuler la production d’énergie éolienne et solaire, dans un contexte d’engagement politique en faveur d’une réduction globale des émissions de dioxyde de carbone. Les États-Unis ont annoncé le prolongement de leur régime de subventions aux énergies renouvelables jusqu’en 2022, alors qu’il devait prendre fin cette année. L’Union européenne s’est fixée, pour sa part, de nouveaux objectifs dans un ambitieux “Green Deal”, en particulier celui de devenir le premier continent « neutre en carbone » à horizon 2050. Bien que de nombreux obstacles demeurent, les dirigeants politiques semblent déterminés à placer les énergies renouvelables au centre de leurs plans de relance économique post crise de Covid-19. Ces plans devraient bénéficier à l’ensemble du secteur des énergies renouvelables et favoriseront l’adoption des véhicules électriques. Selon l’Agence internationale de l’énergie, les énergies renouvelables sont la seule source d’énergie qui connaîtra une croissance positive en 2020. (Voir figure 4.) mais le chemin à parcourir est encore long. Bloomberg New Energy Finance s’attend à ce que l’éolien et le solaire prennent une part croissante dans le mix énergétique mondial passant de 7 % (5% pour l’éolien et 2 % pour le solaire) du bouquet énergétique mondial en 2018 à près de 50 % (26 % pour l’éolien et 22 % pour le solaire) en 2050. On s’attend également à ce que la production mondiale d’électricité double au cours de cette période. Nous continuons à voir des opportunités dans les domaines de la production d’énergie éolienne et solaire, des technologies de stockage d’énergie, des véhicules électriques et des solutions d’amélioration du réseau électrique.
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