Obligations

Mary Pieterse-Bloem

Responsable des investissements obligataires

Le soleil brillera à nouveau à la fin

Les mesures des banques centrales, prises en réponse à la crise provoquée par le nouveau coronavirus, ont fait baisser les rendements des principales obligations d'État. Par ailleurs, dans le mouvement d’aversion pour le risque observé en mars, les primes de risque sur les obligations d’entreprises se sont tendues. Ces dernières représentent actuellement une opportunité pour les investisseurs, en particulier les obligations qui font partie du programme d'assouplissement quantitatif de la Banque Centrale Européenne (BCE).
 
La pandémie a également modifié de façon spectaculaire le paysage obligataire. Les banques centrales ont été les premières à réagir. La combinaison de leurs mesures de soutien et d'une détérioration rapide des perspectives économiques a entraîné une chute soudaine des taux à long terme des obligations d’Etat, en particulier américain et allemand. Lorsque les Etats ont ensuite annoncé des plans de sauvetage massifs, les détenteurs d'obligations se sont inquiétés de l’accroissement à venir de leur endettement. Ces obligations ont brièvement fait l'objet d'une lutte acharnée entre ces deux forces : une augmentation de l'offre d'obligations, due aux mesures de relance gouvernementales, face à une augmentation de la demande, due aux achats d'actifs par les banques centrales. Ces dernières ont gagné la bataille, une fois encore. Le mantra "Ne combattez pas la Fed" a encore de beaux jours devant lui ! Il en va de même pour la BCE. Les rendements des obligations resteront donc très bas, bien après la reprise économique, les Banques centrales maintenant les conditions de financement les plus accommodantes possibles pour effacer les stigmates de cette crise.

Les obligations d'entreprises sont attractives

Les obligations d'entreprises européennes de qualité présentent une opportunité intéressante. En moyenne, le surcroît de rendement sur ces obligations est de 150 points de base (comme observé au cours des dix dernières années) ; il s’élève aujourd’hui à 200 points de base. Cela représente un rendement supplémentaire de 2 % pour les obligations qui sont achetées par la BCE. L’action de l’institution monétaire européenne et la perspective d’une reprise économique entraîneront une réduction des primes de risque. Il est également concevable, dans un scénario où la reprise serait atone, que la BCE intègre les obligations déclassées en catégorie spéculative (haut rendement) dans son programme d'achat d'actifs, comme le fait désormais la Banque centrale américaine.

Un optimisme prudent sur les obligations périphériques de la zone euro

Les surcroîts de rendement des obligations périphériques de la zone euro, qui se sont également élargis, constituent une opportunité intéressante pour la même raison. La BCE fait clairement tout ce qui est en son pouvoir pour contenir les taux de ces obligations. Elle continuera à le faire, sans se laisser décourager par la décision de la Haute Cour allemande (qui conteste les aspects juridiques des achats d'actifs de la BCE). Bien que nous considérions ces obligations comme une opportunité attrayante à long terme, il y a de fortes chances qu'elles restent sous pression à court terme, en raison de la dégradation des notations de crédit et de situations politiques assez fragiles en Italie et en Espagne. Pour l'instant, nous préférons l'Espagne à l'Italie.

Les obligations à haut rendement et la dette émergente sous pression

Les primes de risque actuelles sur les obligations à haut rendement et les dettes des marchés émergents (EMD) sont très attractives dans une perspective de portage et de diversification. Néanmoins, à l’instar des marchés d’actions, la volatilité devrait demeurer assez élevée sur ces classes d’actifs.
Bonds