Javascript is required L'offre excédentaire pèse sur les prix du pétrole en 2025

La hausse des prix du pétrole dans un contexte de risques géopolitiques persistants

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Alors que l’offre pétrolière s’annonçait abondante cette année, les perturbations dans l’approvisionnement liées à la situation au Moyen-Orient ont resserré le marché et poussé les prix à la hausse.

Un point de passage stratégique sous pression

Au cœur des tensions actuelles se trouve le détroit d’Ormuz. Point de passage stratégique essentiel pour le commerce mondial du pétrole, il voit, en temps normal, transiter environ 20 millions de barils par jour (mb/j). Le conflit en cours a fortement perturbé ces flux et malgré les redirections de cargaisons et le recours aux stocks stratégiques, le marché accuse encore un déficit d’environ 11 mb/j.

L’impact est significatif : la production pétrolière a été arrêtée, retirant temporairement plus de 20 millions de barils de l’offre mondiale. Environ 350 pétroliers demeurent bloqués dans le détroit, leurs compagnies d’assurance ayant de surcroît suspendu leur couverture. Parallèlement, les attaques contre des raffineries dans le Golfe ont perturbé la production de près de 4 mb/j, affectant particulièrement les approvisionnements en diesel et en kérosène.

Une OPEP affaiblie

Une autre source d’incertitude réside dans la décision des Émirats arabes unis de quitter l’OPEP.

En tant que troisième producteur du cartel, ce départ affaiblit l’influence de l’OPEP sur le marché pétrolier – et donc sur les prix – et met en évidence les tensions croissantes avec l’Arabie saoudite.

Des responsables russes ont indiqué qu’il est peu probable que cette décision ne déclenche une guerre des prix à court terme, compte tenu des pénuries d’offre actuelles liées au conflit iranien. Toutefois, en dehors des contraintes de l’OPEP, les Émirats arabes unis pourront produire à pleine capacité lorsque les conditions le permettront.

Les pénuries de kérosène affectent l’Europe

Les conséquences du blocus se matérialisent désormais également dans le ciel européen. Les approvisionnements en carburant pour l’aviation sont sous tension, les producteurs du Moyen-Orient assurant habituellement environ 40 % des importations européennes de kérosène. La perturbation de ces flux a entraîné une forte hausse des prix, qui ont pu dépasser le double des niveaux d’avant-guerre.

Bien que l’approvisionnement ne se soit pas complètement effondré, l’Europe est contrainte de réorganiser ses flux commerciaux à un coût plus élevé. En l’absence de solution durable, les compagnies aériennes pourraient ressentir plus nettement l’impact dans les mois à venir. Certaines annulent déjà des vols en réaction aux pénuries et à la hausse des coûts.

La perturbation ne se limite pas au secteur aérien. D’autres secteurs sont également affectés par le blocage du détroit d’Ormuz. Les approvisionnements en engrais, fortement dépendants du transit maritime par le détroit, subissent des tensions, avec des effets potentiels en cascade sur le secteur agricole via une hausse des coûts des intrants et une disponibilité réduite.

Des perspectives incertaines

Notre scénario central repose sur un allègement des perturbations d’ici la fin du mois de mai, mais la probabilité qu’elles persistent plus longtemps s’est accrue. Plus les perturbations durent, plus le risque d’une escalade vers un choc d’offre plus sévère et durable augmente. Bien que la suspension des frappes aériennes américaines ait ouvert un espace pour des négociations, les progrès restent conditionnés à plusieurs éléments clés : confirmation du cessez-le-feu, dispositifs de navigation plus sûrs (potentiellement sous supervision internationale), assouplissement partiel des sanctions contre l’Iran et réduction des restrictions de transit par le détroit d’Ormuz. Si ces conditions sont réunies, les flux pétroliers pourraient se redresser progressivement : dans un premier temps de 6 à 10 mb/j, puis vers un retour proche de la normale au second semestre.

Des perspectives de prix durablement plus élevés

Nous anticipons un prix moyen du Brent à 100 dollars au deuxième trimestre, avant un recul progressif à 80 dollars le baril d’ici la fin de l’année. Soit un prix moyen annuel de l’ordre de 86 dollars par baril.

Ces prévisions demeurent toutefois très sensibles à l'évolution incertaine du conflit en cours,  dont les développements restent difficiles à anticiper. Nous envisageons toutefois une normalisation progressive des prix de l'énergie, qui devraient se maintenir à des niveaux supérieurs à ceux observés avant le conflit.

Au-delà de 2026, nous anticipons une normalisation des conditions pour 2027. La crise actuelle est principalement logistique plutôt que structurelle : les dommages aux infrastructures sont limités et les capacités de production demeurent disponibles. Dans le même temps, la croissance de la demande ralentit sous l’effet de la faiblesse macroéconomique et des gains d’efficacité énergétique, tandis que l’offre hors OPEP+ augmente. L’ensemble de ces facteurs devrait contribuer à rééquilibrer progressivement le marché.

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