[Flash marchés] Biden, 46ème président des Etats-Unis, devra travailler avec un Congrès potentiellement divisé

09-11-2020
Après une campagne électorale pour le moins particulière, affectée par la crise sanitaire, le processus électoral s’est finalement achevé ce week-end par une victoire de M. Biden, déclarée par les grands médias américains. M. Biden disposerait de 290 grands électeurs contre 214 pour M. Trump1. Le taux de participation est très élevé, s’élevant à plus de 66% contre 55,7% en 2016. Le président Trump ne reconnaît pas pour l’instant sa défaite.
Le 46ème président des Etats-Unis, qui sera investi le 20 janvier 2021, s’appuiera sur un Congrès potentiellement divisé : sur la base des dernières projections, les Républicains pourraient conserver le Sénat avec une petite majorité2, les Démocrates la Chambre des représentants avec une avance confortable.
 

Les défis de politiques intérieure et internationale du nouveau président

Le président Biden fait face à de très nombreux défis. Nous n’en retiendrons ici que quelques-uns. Sur le front de la politique intérieure, au-delà de réconcilier les deux camps, M. Biden devra répondre à plusieurs urgences :

  • d’abord, la situation sanitaire continuant de se dégrader, le président des Etats-Unis devra probablement revoir la stratégie et la communication déployées par son prédécesseur ;
  • ensuite, il devra trouver un accord avec le Congrès sur un second grand plan de relance budgétaire, les négociations entre Républicains et Démocrates ayant échoué en octobre. Y intègrera-t-il des éléments de son programme ambitieux sur le changement climatique ? Dans l’affirmative, les Etats-Unis devraient rejoindre les accords de la COP-21 avec pour objectif de réduire sensiblement leurs émissions de CO2 d’ici à 2050 ;
  • enfin, il cherchera à mettre en place des éléments clés de son programme économique : augmentation du taux d’imposition des entreprises et du salaire minimum, recours à davantage de régulation pour un certain nombre de secteurs, en particulier ceux de l’énergie, de la technologie, et de la finance. Jusqu’où ira-t-il ? Un congrès divisé et les problématiques de politique internationale l’empêcheraient d’exécuter pleinement son plan.
Sur le front extérieur, le président Biden reviendra certainement aux principes du multilatéralisme et renouera les liens avec les alliés traditionnels des Etats-Unis. Il sera d’autant plus incité à le faire que les Etats-Unis devraient conserver une position dure vis-à-vis de la Chine, en particulier sur les problématiques de propriété intellectuelle et sur les enjeux technologiques.
 
Les résultats ne sont pas encore définitifs.
2 La composition définitive du Sénat sera connue le 5 janvier 2021, deux sièges faisant l’objet d’un second tour.
 

Notre politique d’investissement à court terme

Nous avions profité de la volatilité constatée au cours de ces dernières semaines pour remonter le poids des actions à la Neutralité dans la perspective de ces résultats et d’un renforcement de l’économie mondiale dès le printemps 2021, assis sur un contrôle progressif de la pandémie permis par les progrès de la médecine, et sur des soutiens budgétaires et monétaires très importants au cours de ces prochains trimestres.
 
Ainsi, notre politique d’investissement se synthétise de la manière suivante :
 
  • nous avons un poids cible de 55% sur les actions dans une allocation Equilibre. Nous conservons pour l’instant notre préférence pour les Etats-Unis et dans une moindre mesure les marchés émergents. Nous restons sous-pondérés sur l’Europe qui souffre de la perspective d’un scenario en « double creux », caractérisé par une rechute en récession cet hiver ;
  • nous maintenons une large diversification sectorielle mais sous-pondérons les secteurs financier et de l'énergie au profit de l’industrie et de la santé. Nous conservons une allocation neutre sur le secteur de la technologie, sur lequel nous avons pris des profits au mois de septembre ;
  • nous restons diversifiés sur la sphère des taux entre obligations d’Etat, d’entreprises et dette émergente ;
  • enfin, bien qu’ayant réduit le poids des liquidités, nous en conservons dans la perspective de les redéployer si notre scenario central pour 2021 se confirmait au cours des prochains mois.
 

Le rôle « indispensable » des actions dans une allocation d’actifs de long terme

Au-delà du court terme, la crise sanitaire aura probablement de multiples répercussions. Sur le plan financier, elle rendra encore plus aiguë la problématique de la construction d’une allocation d’actifs. D’une part, la crise économique renforce la probabilité que les actifs sans risque – monétaire et obligations d’Etat, en € et en $ - délivrent des rendements extrêmement faibles au cours de la prochaine décennie. En effet, les politiques monétaires demeureront probablement très accommodantes, vraisemblablement pendant plusieurs années, pour effacer la chute d’activité. D’autre part, elle rend indispensable les actifs dits risqués qui offrent des espérances de rendement positives (obligations d’entreprises, dette émergente) à très positives (actions) pour les prochaines années. Ainsi, à l’avenir, la recherche d’un rendement positif de l’épargne nécessitera une exposition aux actions dans toute allocation d’actifs.