Octobre : se réinventer - le droit au rebond

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C’est un mot interdit dans le monde des affaires. Jamais on ne l’entend prononcer, ni dans les écoles de commerce ni dans les entretiens d’embauche, et pas davantage dans les conseils d’administration. Pourtant, de nombreux travaux montrent que l’échec n’est en rien une maladie honteuse.

Des chercheurs de l’université d’État de Miami viennent par exemple de publier une étude statistique sur la contre-performance au golf. Le résultat est sans appel : perdre une partie aura certes un effet négatif sur le moral d’un compétiteur, mais n’affectera nullement la probabilité qu’il gagne la prochaine fois.

Mais la dédramatisation de l’échec n’est pas uniquement à l’œuvre sur les greens. Prenez le monde des startups. Dans 9 cas sur 10, avance le site Prismes dans un article sur la notion clé de «pivot», les jeunes créateurs d’entreprise font un constat d’erreur initiale au cours des 18 premiers mois de leur projet. Ils doivent alors repenser leur modèle de développement. Pour ainsi dire faire «pivoter» leur vision et leur stratégie.

Autre exemple de « l’art de bien échouer » : le géant du commerce en ligne chinois, Alibaba (39,51 milliards de dollars de chiffre d’affaires pour son exercice clos le 31 mars 2018). Quand, le 8 septembre dernier, son fondateur, Jack Ma, a annoncé qu’il prenait sa retraite (à 54 ans), les observateurs ont été surpris par le choix de son successeur, le très sage Daniel Zhang. Pour justifier sa décision, le milliardaire de Hangzhou a ressorti une conférence qui avait été donnée par son poulain lors d’une convention de Procter & Gamble il y a quelques années. Son thème : les vertus de l’échec…

En publiant cette vidéo, Jack Ma a non seulement affirmé son credo confucéen («L’important est de tirer une leçon de chaque échec»), mais aussi surfé sur la grande tendance du moment dans le management américain. Car «l’art de bien échouer» est à la mode outre-Atlantique. Une enquête du Guardian parle carrément de «business de l’échec» dans la Silicon Valley. Au point même que certains entrepreneurs s’inventent des mauvaises passes pour se donner davantage de crédibilité auprès des investisseurs. Le comble de l’échec serait-il de ne pas l’avoir connu ?

Quelques contenus du mois d'octobre à retrouver sur notre média en ligne Prismes :

[Podcast] Quentin Sannié, l'exigence rebelle
[Vidéo] Alexia Laroche-Joubert : l'échec est-il fondateur ?
[Infographie] L'art du pivot en 5 leçons
[Entretien] David Ringrave, pouquoi célébrer l'échec ?

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