Juin : Faut-il redéfinir l’entreprise

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Chaque chef d'entreprise s'interroge sur l'impact de leur entreprise sur l'ensemble de la société, mais qui a également à l'esprit la pérennisation et le développement de ses activités. Comment concilier les deux ?

Wall Street n’en revient toujours pas. Au début de l’année, Larry Fink, PDG de BlackRock, le plus grand fonds d'investissement de la planète (avec plus de 6.000 milliards de dollars sous gestion), publiait une lettre ouverte à destination des sociétés dans lequel sa compagnie détient des participations. « Pour prospérer durablement, chaque entreprise doit non seulement se montrer performante financièrement, mais aussi apporter une contribution positive à la société », y plaide-t-il. Venant de n’importe quel autre dirigeant, ces mots pourraient sonner comme une grossière opération de communication. Mais Larry Fink est connu pour sa franchise, voire sa rudesse. S’il se déclare soudainement favorable à la responsabilité sociétale et environnementale (RSE), c’est décidément qu’en 2018, plus personne ne peut faire des affaires sans se positionner sérieusement sur ce sujet.

En France, le monde de l’entreprise est déjà très conscient de l’enjeu. D’après un récent sondage Viavoice-HEC, 70% des cadres hexagonaux pensent que la RSE doit être « intégrée à la stratégie et aux opérations commerciales de leur société ». Pour accompagner cette profonde évolution des mentalités, la future loi Pacte (Plan d'action pour la croissance et la transformation des entreprises), prévoit d’instaurer « l’objet social élargi », soit la possibilité d’inscrire la RSE dans les statuts d’une société, au même titre que les missions classiques telles que la distribution du résultat aux actionnaires. Le projet, porté par le ministre de l’économie Bruno Le Maire, sera présenté au Conseil des Ministres le 20 juin.

L’objet social élargi sera-t-il une nouvelle exception française ? Assurément pas. Comme le rappelait La Tribune dernièrement, des structures comparables existent déjà aux Etats-Unis, en Grande-Bretagne et en Italie. Et, selon la professeure de gestion Elisabeth Waliser, spécialiste reconnue des questions de gouvernance, le capitalisme rhénan s’apparente lui aussi à cette conception plus responsable de l’économie privée. Dans un article pour le site The Conversation, l’universitaire parie même que la loi Pacte aura pour effet de contribuer au rapprochement franco-allemand, et à l’émergence à terme « d’un modèle européen de l’entreprise qui deviendrait, à son tour, une référence dans un monde contemporain multipolaire ».

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